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Second act for the Coalition Avenir Quebec

Photo Credit: THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

Written by

Alexandre Boucher

Vice-President, Public Affairs

Written by

Cynthia St-Hilaire

Senior Consultant

Photo Credit: THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

Alexandre Boucher and Cynthia St-Hilaire, from our Public Affairs team in Quebec City, take a look at some of the important issues that François Legault's Coalition Avenir Québec government will face this fall. (The article is in French.)

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L’équipe ministérielle a été remaniée. Les consignes sanitaires ont évolué. L’économie a redémarré, mais plusieurs secteurs continuent de souffrir, tandis que les finances publiques sont sous pression. La CAQ débute la deuxième partie de son mandat avec la gestion de la deuxième vague. Scène 1, prise 2.

Face à un virus imprévisible, le gouvernement caquiste de François Legault navigue en zone inconnue. La résilience des Québécois lors de la première vague pourrait désormais donner lieu à une déprime économique et sociale dont les conséquences seront beaucoup plus difficiles à gérer pour un gouvernement qui arrive à mi-mandat. Le premier ministre Legault sait que sa marge d’erreur est limitée et que le capital de sympathie qu’il s’est bâti pourrait rapidement s’effriter si les choses tournent mal.

François Legault ne veut pas que l’image de son gouvernement soit entachée par une mauvaise gestion de la deuxième vague ou un manque de préparation. Cette fois-ci, la relâche scolaire et le manque de préposés aux bénéficiaires ne pourront servir de boucs émissaires. Voilà pourquoi le gouvernement redistribue la chaleur pour ne pas être pointé du doigt : imputabilité pour les gestionnaires du réseau, amendes pour les récalcitrants, mises en garde contre un reconfinement, menaces aux tenanciers de bars, etc.

Quand le nouveau ministre de la Santé Christian Dubé a établi le seuil critique à 20 cas par million d’habitants, il s’est laissé très peu de marge de manœuvre. Surtout, M. Dubé n’avait probablement pas prévu que le Québec basculerait d’une situation stable à une situation alarmante en si peu de temps. L’inquiétude qui monte dans la population est proportionnelle à l’éclosion du nombre de cas.

Dans les officines gouvernementales, le niveau de panique a augmenté d’un cran lorsque, à trois jours du caucus présessionnel de la Coalition avenir Québec et à une semaine de la rentrée parlementaire, quatre ministres et un député ont dû se placer en quarantaine volontaire après avoir rencontré la mairesse de Longueuil, qui avait contracté la COVID-19.

Contrairement au printemps dernier où le gouvernement prenait l’initiative des mesures, on sent cette fois-ci que la stratégie du gouvernement caquiste est réactive aux humeurs de l’opinion publique. Il a fallu beaucoup de pression populaire pour que le Québec oblige le port du masque dans les transports en commun, puis dans tous dans les lieux publics, qu’il se résigne à présenter une mise à jour de son plan pour les écoles, et qu’il reconnaisse le caractère non essentiel du karaoké. Il a aussi reculé sur l’encadrement des sports-études après le tollé que sa décision a causé chez les étudiants et leurs familles.

Et alors qu’on entame à peine cet inexorable rebond, la pression médiatique sera forte pour que le gouvernement réintroduise les mesures qui étaient jugées incontournables lors de la première vague. Or, le gouvernement a bien saisi le relâchement et l’essoufflement des Québécois. Il sait pertinemment qu’un potentiel reconfinement, l’annulation des festivités de l’Halloween ou les mesures trop restrictives pour les réveillons du temps des fêtes pourraient avoir un effet important sur sa cote d’amour auprès de l’électorat, bien qu’il dispose toujours d’une popularité jamais vue.

Heureusement que la CAQ a réalisé la majorité de ses engagements électoraux, parce qu’avec l’état des finances publiques qui dépérit, son agenda des 24 prochains mois sera passablement chamboulé. La semaine dernière, le gouvernement a probablement reçu une douche froide lorsqu’il a pris connaissance du rapport de l’éminent fiscaliste Luc Godbout suggérant que la relance et la croissance économiques ne pouvaient, à elles seules, assurer le retour de l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans. Selon le chercheur, il faudra aussi hausser le fardeau fiscal ou réduire la croissance des dépenses, contrairement à ce qu’envisageait le ministre des Finances.

Congestion au Parlement

Sur le plan législatif, on nous dit que le retard accumulé dans les travaux parlementaires le printemps dernier fait en sorte que beaucoup de projets de loi piétinent. De toute évidence, on ira au plus urgent, et en fonction des priorités gouvernementales. On demandera aux hauts fonctionnaires de redoubler d’ingéniosité en procédant autant que possible par voie réglementaire plutôt que par le canal législatif.

Parmi les pièces législatives attendues, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, déposera très prochainement un projet de loi qui remplacera le controversé PL 61 que le gouvernement de François Legault a été forcé d’abandonner.

Le projet de loi de Mme LeBel permettra d’accélérer la réalisation de grands chantiers tels que la construction d’hôpitaux, les maisons des aînés, la réfection de routes et la construction d’écoles. L’objectif est de stimuler l’économie québécoise à la suite des contrecoups de la pandémie, mais aussi de mettre sur la voie rapide des projets chers à la CAQ en prévision des prochaines élections.

Le plan de relance économique piloté par le ministre Pierre Fitzgibbon est d’ailleurs très attendu. Les secteurs de la restauration, du tourisme et du commerce de détail sont particulièrement affectés. Depuis le début de la pandémie, le ministre a beaucoup axé son discours sur l’importance de l’achat local. Plusieurs entreprises et regroupements de gens d’affaires ont emboîté le pas à cette initiative en multipliant les offensives quant à l’importance d’acheter québécois. Le premier ministre est allé encore plus loin avec sa volonté de remplacer le « Made in China » par un « Fabriqué au Québec » sur une série de produits.

L’économie en temps de pandémie sera un thème récurrent cet automne. La CAQ fera également sa profession de foi environnementale avec la présentation de son Plan d’électrification et de changements climatiques (PECC), initialement prévue au printemps dernier

Ajustements dans l’opposition

Du côté des partis d’opposition, ils devront trouver le moyen de tirer leur épingle du jeu dans un contexte de crise sanitaire où le gouvernement occupe tout l’espace. Contrairement au printemps dernier où l’Assemblée nationale avait fermé ses portes, les partis d’opposition auront cet automne l’occasion de talonner le gouvernement à tous les jours sur sa gestion de la pandémie et les impacts sur l’économie, les entreprises et les secteurs mal en point. La cheffe libérale Dominique Anglade, pour qui cette rentrée parlementaire constituait une importante vitrine, est confinée à domicile en raison de l’effet domino de la COVID-19 qui commande des isolements préventifs. C’est donc un rendez-vous manqué pour Mme Anglade. Il sera alors intéressant de surveiller l’entrée en scène du nouveau leader parlementaire de l’opposition officielle, le libéral André Fortin.

Dans une relative indifférence, le Parti québécois se choisira un nouveau chef le 9 octobre prochain, le sixième depuis le départ de Pauline Marois. Il est déjà assuré que Pascal Bérubé jouera un rôle de premier plan dans le nouvel alignement péquiste, lui qui a fait bonne figure comme chef intérimaire.

Bonne nouvelle pour François Legault, Québec solidaire s’est résigné, en raison de la crise sanitaire et au grand dam de ses militants, à ne pas mettre de l’avant son « Ultimatum 2020 »; une offensive qui devait bloquer les travaux de l’Assemblée nationale si le gouvernement caquiste ne proposait pas un virage significatif en matière d’environnement. Le parti revient à son ADN originel et misera sur la défense des services publics, la transition écologique et la justice sociale.

En trame de fond de cette session parlementaire, deux élections pourraient retenir l’attention. D’abord, aux États-Unis, l’issue du duel opposant Donald Trump et Joe Biden pourrait avoir un impact sur les relations Canada – États-Unis. Nous saurons le 3 novembre si ce chapitre du protectionnisme se poursuivra ou si les Américains opteront pour un changement.

Ensuite, du côté fédéral, le Bloc québécois et le Parti conservateur du Canada menacent de faire tomber le gouvernement minoritaire. Le gouvernement de Justin Trudeau sera-t-il renversé plus tôt que tard? Quelle stratégie adoptera alors le gouvernement Legault?

Chose certaine, la session parlementaire s’annonce enlevante.

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