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Economic update in Quebec: A second wave of measures

Photo credit: THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

Photo credit: THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot

Quebec's Minister of Finance Eric Girard presented an economic update today, outlining additional spending plans to support Quebecers and restart the economy. François Crête, vice-president, Government Relations in Montreal, shares his analysis. (The article is in French).

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Normalement, quand le ministre des Finances convoque les médias pour faire l’annonce de sa traditionnelle mise à jour économique, on parle d’un événement somme tout assez mineur qui est loin de générer toute l’attention et la frénésie d’un budget. Mais en ces temps où plus rien n’est normal, cet exercice automnal était grandement attendu. Alors que la seconde vague de la pandémie de COVID-19 frappe le Québec, comme c’est d’ailleurs le cas partout dans le monde, le ministre des Finances, Eric Girard a procédé à la mise à jour de ses prévisions économiques et en a profité pour annoncer une série de mesures dans le but de relancer l’économie de la province.

Le ministre, tout comme le premier ministre François Legault, se devait d’éviter de tomber dans un pessimisme alarmant. Il devait aussi laisser planer un semblant d’espoir, particulièrement pour les entreprises et les personnes les plus atteintes économiquement. Il affirme donc que la priorité du gouvernement est d’assurer la sécurité sanitaire du Québec, car celle-ci est essentielle à la relance économique.

Plus spécifiquement, Eric Girard a annoncé des investissements de 1,8 milliard de dollars dans divers secteurs, dont 1,5 milliard pour la relance de l’économie, ce qui porte à près de 13 milliards le montant d’argent investi par le gouvernement depuis le début de la pandémie.

Ainsi, le gouvernement consacrera 287 millions pour soutenir directement les Québécois, dont 100 millions en santé mentale afin d’aider à soutenir la détresse psychologique, annonce qui avait déjà été faite par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, au lendemain de la terrible tuerie du Vieux-Québec.

Au niveau du soutien à l’économie, le ministre consacrera 459 millions pour favoriser la réintégration des Québécois sur le marché du travail; 477 millions pour stimuler la croissance économique en accélérant les projets d’investissement des entreprises, en appuyant des initiatives innovantes et en soutenant le développement économique des régions; 247 millions pour encourager la production québécoise et l’achat local. À ces montants, une somme de 300 millions sera consacrée à la bonification du Plan pour une économie verte qui sera rendu public lundi prochain par le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette.

Ces actions s’ajoutent au devancement, annoncé en mai dernier, de plusieurs investissements prévus dans le Plan québécois des infrastructures (PQI).

Un cadre financier sur 3 ans

M. Girard a présenté un cadre financier sur trois ans plutôt que sur cinq, comme c’est habituellement la norme pour ce type d’exercice, à cause de l’incertitude provoquée par la pandémie. Il conserve la cible annoncée plus tôt cette année d’un déficit de 15 milliards. Ce montant passera à 8,25 milliards pour 2021-2022 et à 7 milliards l’année suivante.

Le ministre estime qu’un recul du PIB mondial de 4,6 % sera observable en 2020. Pour le Québec, ce recul sera de 6 %, mais un rebond de l’économie de 5 % devrait être observable en 2021. À l’heure actuelle, selon les chiffres de son ministère, 97 % du niveau d’emploi du mois de février a été rattrapé selon le ministre, malgré le fait que des secteurs comme le tourisme, la restauration et la culture sont encore dans une situation très précaire.

La politique étant ce qu’elle est, le gouvernement doit à tout prix garder un œil sur un échéancier électoral pas si éloigné que ça. À moins de deux ans des prochaines élections, il doit garder en tête que les mesures annoncées aujourd’hui risqueront d’avoir un impact sur l’humeur de l’électorat en octobre 2022.

Une chose est certaine toutefois. L’incertitude actuelle risque de demeurer dans l’air malgré les annonces d’aujourd’hui. Bien que les espoirs générés par le développement accéléré d’un vaccin contre la COVID-19 sont bien réels, il est encore trop tôt pour crier victoire, et ça, le ministre le sait bien. Il sait aussi que, si la situation actuelle se poursuit encore pour un bout de temps, les mesures annoncées aujourd’hui deviendront rapidement insuffisantes.