A recap of the fall session at the National Assembly : a hazardous session

A honeymoon can't last forever, but it seems like the love affair between François Legault's government and Quebecers is as strong as ever, despite the fact that the government had to backtrack on some issues, like immigration and the proposed changes to the Quebec Experience Program. Although the government will need to be cautious to avoid similar missteps, polls show that the Coalition Avenir Quebec's popularity is still very high in the province. Its victory in the Jean-Talon by-election this fall is a telling sign.

François Crête, Vice-President Government Relations – Quebec, shares his takeaways from the fall session at Quebec's National Assembly. (The article is in French.)

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On dit souvent qu’une lune de miel ne peut durer éternellement. Force est d’admettre que celle que le gouvernement de François Legault entretient avec la population québécoise se poursuit et ne semble pas vouloir s’essouffler. Bien sûr, il y a eu quelques épisodes où le gouvernement a été forcé de faire marche arrière, notamment dans le dossier de l’immigration et sur la fameuse liste des professions admissibles au Programme d’expérience québécoise (PEQ). Cela dit, le gouvernement devra faire preuve de prudence pour éviter ce genre d’épisode qui pourrait éventuellement avoir un impact sur sa popularité. Pour le moment, cependant, les plus récents sondages démontrent que la Coalition avenir Québec, en dépit d’une légère baisse, continue à afficher un haut taux de satisfaction auprès de la population, et sa victoire lors de l’élection partielle dans Jean-Talon, un comté traditionnellement acquis au Parti libéral du Québec, en est un très bon exemple.

Le gouvernement a amorcé cette dernière session sur les chapeaux de roues. En fin politicien, François Legault sait que les réformes les plus importantes doivent être entreprises en début de mandat. Ainsi, certaines pièces majeures du programme de la CAQ, comme les maternelles 4 ans, l’encadrement plus sévère du cannabis, la réforme de l’aide aux entreprises, le transport rémunéré de personnes ou l’établissement des tarifs d’électricité, ont toutes été adoptées lors de cette session. D’autres projets de loi, comme ceux sur l’abolition des commissions scolaires, sur les pouvoirs accrus aux pharmaciens et aux infirmières, ainsi que sur la refonte du Fonds vert, ont été déposés pour une adoption quelque part en 2020. En prime, le gouvernement a réussi à s’entendre avec les médecins spécialistes sur une baisse de leur rémunération. Une session somme toute fort occupée pour les députés, dont plusieurs se sont plaints du rythme effréné des commissions parlementaires.

Malgré le travail fort honorable des chefs intérimaires du Parti libéral du Québec et du Parti québécois, les oppositions n’ont pas été en mesure de marquer suffisamment de points pour faire bouger l’aiguille. Ces deux partis seront d’ailleurs bien occupés à se trouver chacun un nouveau chef en 2020. Pierre Arcand et Pascal Bérubé auront fort à faire pour garder leurs troupes concentrées sur les enjeux débattus à l’Assemblée nationale. Quant à Québec solidaire, « l’affaire Catherine Dorion » a pris beaucoup trop de place dans la sphère publique, faisant du même coup de l’ombre au parti.

La session fut particulièrement difficile pour le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, qui a été fortement critiqué pour sa manière de mener les travaux. Bien qu’il ait été en mesure de reprendre un certain contrôle à la fin de la session, le climat de confrontation qui prévaut au Salon bleu pourrait encore une fois lui rendre la vie difficile en 2020.

Le premier ministre mentionnait dans son propre bilan de fin de session que 2020 serait l’année de l’environnement pour son gouvernement. La grande journée de manifestation sur les changements climatiques, qui s’est déroulée à Montréal le 27 septembre en présence de Greta Thunberg et qui a attiré près de 500 000 personnes, laisse peu de choix au gouvernement de proposer des initiatives concrètes en environnement. Le programme sur la récupération et la valorisation des gros électroménagers, annoncé en novembre, est un premier exemple. Il est à parier que d’autres initiatives de ce genre suivront l’an prochain, dont la modernisation du système de consigne et de la collecte sélective.

Pour la nouvelle année, grâce à sa majorité à l’Assemblée nationale, le gouvernement de François Legault maintiendra le cap vers la réalisation de ses engagements électoraux de 2018. Avec une économie qui demeure forte et des finances publiques en bonne santé, l’horizon à court et moyen terme demeure favorable pour le gouvernement Legault. Cette session où tous les dangers guettaient le gouvernement aura somme toute été bénéfique pour lui.

Written byFrançois CrêteVice-President, Government Relations - Quebec