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10 changements qui ont transformé cette campagne électorale au Québec

10 changements qui ont transformé cette campagne électorale au Québec

LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov

LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov

À quelques jours du scrutin, voici ce que notre expert en affaires publiques, Alexandre Boucher, a observé lors de cette dernière campagne électorale au Québec.

1. La fin du bipartisme

Il fut un temps où deux grands partis principaux s’alternaient le pouvoir. Aujourd’hui, cinq partis peuvent raisonnablement espérer faire élire des députés. Cette fragmentation dans l’offre politique rend les luttes électorales beaucoup moins prévisibles.

2. Le vote stratégique gagne du terrain

Avec une offre politique élargie, le désir de bloquer un meneur conditionne certains choix. Entre 7 et 12 % des électeurs votent stratégiquement. Chez les sympathisants d’un parti jugé non compétitif, ce taux pourrait même atteindre de 20 % à 35 %.

3. La joute médiatique a changé

L’époque des autobus remplis de journalistes est révolue. Les médias traversent une crise structurelle et plusieurs d’entre eux ne disposent plus des ressources financières et humaines pour affecter un journaliste pour chaque caravane.

4. Les élections à date fixe

La prévisibilité étire la campagne bien avant son déclenchement officiel faisant en sorte que la grande majorité des candidats sont déjà connus, plusieurs engagements sont ébruités et les slogans sont dévoilés.

5. Se mettre en scène sur les médias sociaux

Autrefois, le point de presse quotidien constituait le rendez-vous central d’un chef de parti avec les médias. De nos jours, un chef doit maintenant publier, commenter, filmer, répondre, se mettre en scène et adapter son message à chaque plateforme (un chef a même lancé un balado!).

6. La fin du militantisme

Le nombre de membres à un parti politique a fondu. Conséquence, les grands rassemblements où des foules se réunissaient nombreuses sont beaucoup moins fréquents.

7. La ligne résidentielle : une espèce en voie d’extinction

Toute la stratégie des partis politiques reposait sur des appels téléphoniques auprès d’électeurs pour « pointer » son vote et le mobiliser le jour du scrutin. La ligne résidentielle fixe est devenue l’exception; le cellulaire la nouvelle norme. Un obstacle pour les partis... et les sondeurs!

8. L’arrivée des agrégateurs de sondage

Des modèles et des algorithmesprédisent le vainqueur avec grande justesse avant même le vote. Ils structurent désormais la conversation publique et accentuent le vote stratégique.

9. Le taux de participation en chute libre

De 85 % en 1976, il a chuté à 66 % en 2022.

On a assoupli les modalités du vote par anticipation et ajouté des occasions de vote, mais le désengagement politique, la lassitude ou le sentiment que son vote ne sert à rien demeurent.

10. Des machines électorales moins déterminantes

Les mouvements naissent dans des zones d’influence beaucoup plus diffuses : réseaux sociaux, personnalités publiques, communautés numériques.

Les électeurs les plus mobilisés voteront; les autres risquent encore de choisir l’abstention.À quelques jours du scrutin, voici ce que notre expert Alexandre Boucher a observé lors de cette campagne électorale.

Vous souhaitez mieux comprendre les transformations du paysage politique et leurs répercussions sur votre organisation? Communiquez avec nos experts et expertes en Affaires publiques pour en discuter.