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La confiance en mandat, les défis en héritage

La confiance en mandat, les défis en héritage

Crédit photo : LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Crédit photo : LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot

Un conseil des ministres minceur entre prévisibilité et surprises.

Paul St-Pierre Plamondon a constitué son Conseil des ministres aujourd'hui avec pour mot d'ordre de « mettre la maison en ordre » et de s'attaquer à des enjeux qui plombent le Québec.

« Le choix de la confiance » n’était pas uniquement un slogan électoral; il a de toute évidence inspiré le premier ministre dans ce casse-tête que représente la composition d'un conseil des ministres. Il confie à ses plus proches fidèles – au surplus des gens qui jouissent d’une expérience politique et parlementaire – les rôles les plus importants et, disons-le, les missions les plus périlleuses.

Dans cet exercice, Paul St-Pierre Plamondon a répondu par la prévisibilité, car certaines nominations et des candidatures s'imposaient d'elles-mêmes. Comme il s'y était engagé, il s'est attribué la responsabilité de la Lutte contre l'itinérance. Mais il nous a aussi réservé plusieurs surprises.

Commençons par les évidences.

Pour occuper le poste de vice-première ministre, Paul Saint-Pierre Plamondon s'est naturellement tourné vers Catherine Gentilcore (Terrebonne), qui devient la femme forte de ce gouvernement. Non seulement elle hérite de l’Immigration, où elle devra piloter d’importantes réformes, mais elle devient également leader parlementaire du gouvernement, une fonction névralgique dans un parlement minoritaire. Elle aura aussi l'importante responsabilité de l'accession du Québec à l'indépendance.

Déjà qualifié de ministrable, l’ex-policier Guy Jr Lapointe (Verchères), décroche exactement le poste où il était attendu : la Sécurité intérieure. Même chose pour la spécialiste en IA, Anne Nguyen (Prévost), qui sera ministre déléguée à l'Intelligence artificielle et au Numérique.

Nicolas Girard (Repentigny), qui effectue un retour en politique, dirigera les Transports, lui qui a longtemps œuvré dans les sociétés de transport, dont celle de Québec. Il cumulera aussi les Affaires municipales. La rumeur circulait depuis quelques jours, mais le montréalais obtient aussi la responsabilité de la Capitale-Nationale, orpheline à la suite de la vague conservatrice qui a déferlé.

Le quatuor économique récompensé

Les quatre membres de l'équipe économique obtiennent leur laissez-passer au Saint des Saints.

Le sort de Nicolas Marceau (Marie-Victorin) était scellé depuis longtemps. Il revient aux Finances, après avoir occupé la fonction entre 2012 et 2014 sous l'éphémère gouvernement de Pauline Marois. Il aura du pain sur la planche, car il doit équilibrer les finances de l'État un an plus tôt que prévu, et ce, en pleine guerre commerciale. Il sera aussi en charge des Infrastructures.

L'ancien PDG de Montréal International, Stéphane Paquet (Pointe-aux-Trembles), devient ministre du Développement économique, de l'Innovation et de l'Énergie. Étant le seul représentant de Montréal avec Paul St-Pierre Plamondon, il devient automatiquement ministre responsable de la Métropole.

Natalie Bisaillon (Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie), qui a résisté à la vague conservatrice au Centre-du-Québec, obtient la responsabilité de ministre des Ressources naturelles et des Forêts.

Dieudonné Ella Oyono (Les Plaines) agira comme ministre des Relations internationales, où était plutôt attendue l'ex-gestionnaire de l'ONU Sandra Hernandez (Taillon).

À ce quatuor annoncé s'en ajoute un cinquième. L’ex-député du Parti Québécois et du Bloc Québécois, l’économiste Alain Therrien (Sanguinet), ne chômera pas comme président du Conseil du trésor. Il devra livrer la réduction de la taille de l’État, compresser les dépenses, et déposer une loi sur l'exemplarité et l'imputabilité des hauts fonctionnaires.

Les surprises viennent ailleurs

Alors qu’on les attendait dans d’autres rôles, des membres de la députation Joël Arseneau (Îles-de-la-Madeleine) et Marie-Karlynn Laflamme (Chicoutimi) obtiennent respectivement les plus gros ministères : l’Éducation et la Santé, qui représentent 55 % du budget de la province. On confie donc à un vétéran le mandat d’organiser les États généraux sur l’Éducation et à une personne de confiance celui de démanteler (ou de réformer) Santé Québec.

Autre surprise aussi à l'Environnement où c'est le député de Trois-Rivières, Jean Pellerin, qui sera le représentant de la Mauricie.

Le désormais doyen de l'Assemblée nationale, Pascal Bérubé (Matane-Matapédia-Mitis), obtient le ministère de la Culture, des Communications et de la Langue française. L'Est du Québec sera bien représenté car, en plus du député des Îles-de-la-Madeleine, une autre protégée de PSPP, Méganne Perry-Melançon (Gaspé), sera la nouvelle ministre de la Famille, de la Jeunesse, du Loisir et du Sport. Sur la Côte-Nord, Meggie Richard (Duplessis) obtient la responsabilité des Régions et de l'Occupation du territoire.

En pleine crise du logement, Elsie Lefebvre (Berthier) obtient l'Habitation, en plus de l'Enseignement supérieur et de la Condition féminine. La procureure vedette de la commission Gallant, Marie-Claude Sarrazin (Groulx), accède à la Justice. Dans les deux cas, leur arrivée au Conseil des ministres était télégraphiée.

À la tête des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, on nomme le wendat Simon-Pierre Savard-Tremblay (Saint-Hyacinthe). Il sera intéressant de voir la dynamique qui s'installera entre ce ministre et le député défait Pascal Paradis, nouvellement nommé diplomate et négociateur en chef, notamment sur les questions autochtones.

En rafale, d'autres élus qui font leur entrée au Conseil des ministres

  • Bernard Sévigny, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.
  • Sébastien D'Astous, ministre délégué à l'Efficacité gouvernementale et à l'Allègement réglementaire de l’État.
  • Mathieu Lebrun, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.
  • Camille Pellerin-Forget, ministre responsable des Institutions démocratiques et déléguée à la Santé mentale et aux Services sociaux.
  • Nadine Le Gal, présidente du caucus.
  • Wiliam Fradette, whip en chef.

Chérie, j'ai réduit le Conseil des ministres

En guise d'aperçu du régime minceur qu'il veut administrer à l'État québécois, le premier ministre a prêché par l'exemple en débutant par la réduction de la taille de son conseil des ministres. Des 28 membres qu'il comportait sous Christine Fréchette, il en compte aujourd'hui 24. De toute façon, les gouvernements minoritaires – et lors de cycles budgétaires déficitaires – incitent toujours les gouvernements à se doter d’un cabinet plus modeste.

Un conseil des ministres réduit signifie également un nombre limité d'appelés. Des députés dont les noms circulaient pour des fonctions ministérielles sont laissés de côté : les médecins Élodie Murphy-Gauthier (Laviolette-Saint-Maurice) et Yohann St-Pierre (Rimouski), ainsi que Sandra Hernandez (Taillon), Isabelle Millette (Papineau) et Stéphane Handfield (Masson).

Calendrier politique et échéancier référendaire

Si la présentation d'un conseil des ministres est généralement annonciatrice d'un renouveau, ce gouvernement fraichement constitué est néanmoins confronté aux mêmes défis que le précédent : état déficitaire des finances publiques, guerre tarifaire, crise du logement et montée de l'itinérance, déficit de maintien d'actifs. Devant l'ampleur des défis auxquels est confronté le Québec, la souveraineté attendra, mais en confiant le dossier à sa femme forte, Catherine Gentilcore, le premier ministre envoie le signal de l'importance qu'il accorde à la promotion de l'indépendance.

Plusieurs des promesses du Parti Québécois – en immigration, en santé, dans l’aide aux entreprises et sur le plan des finances publiques – risquent de représenter des défis importants entre ce qui est souhaitable et ce qui est réellement possible.

Mais la principale menace qui guette ce gouvernement n'est pas tant politique que temporelle. Un gouvernement à statut minoritaire n'a pas le luxe du temps.

Plusieurs estiment que la durée de vie d'un gouvernement oscille entre 18 et 24 mois. Dans le cas d'un nouveau gouvernement qui ne souffre pas d'une usure du pouvoir, la date de péremption pourrait être retardée. Et c'est là que le calendrier politique et l'échéancier référendaire se chevaucheront. Car si le gouvernement péquiste survit à deux cycles budgétaires (à moins qu’il provoque lui-même sa chute), nous serons quelque part en 2029. Tiens, tiens… exactement au moment où un certain Donald Trump aura quitté la Maison-Blanche !

Pour naviguer avec ce nouveau gouvernement, n'hésitez pas à contacter votre conseiller en Affaires publiques chez NATIONAL.

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Rédigé par Alexandre Boucher

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