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Analyse régionale de mi-campagne : les Prairies

Il n’y jamais vraiment eu de grands débats autour des 62 sièges disponibles dans les provinces des Prairies. Certaines questions ont certes retenu l’attention : le Parti conservateur raflerait-il les 34 sièges de l’Alberta? Ralph Goodale parviendrait-il à s’accrocher à l’unique siège des libéraux sur les 14 de la Saskatchewan? Le Parti libéral et le NPD arriveraient-ils à tirer avantage de la lassitude des électeurs, à la suite de la victoire conservatrice aux élections provinciales manitobaines, pour augmenter leur part des 14 sièges disponibles dans la province? Les stratèges politiques des partis ne semblent toutefois pas préoccupés outre mesure par ces enjeux, ayant limité les visites des chefs dans l’ouest au profit de provinces riches en votes comme le Québec et l’Ontario alors que la campagne est dans son dernier droit.

En Alberta, la campagne fédérale s’est déroulée dans l’ombre de la session d’automne du Parti conservateur uni et du budget à venir. Le premier ministre albertain Jason Kenney est même allé soutenir la campagne conservatrice en Ontario, dans les régions des indicatifs 613 et 905. Les principaux enjeux dans la province demeurent l’économie, et le fait que la récession en Alberta n’est qu’une mention lointaine dans une campagne où plusieurs partis veulent restreindre l’industrie du gaz et du pétrole. Ce n’est pas tant le discours séparatiste (soutenu par certains) que des sentiments de frustration et d’aliénation qui alimentent les discussions. Et les dés semblent d’ailleurs déjà jetés : le Parti conservateur gagnera vraisemblablement les 34 sièges en jeu, avec un appui populaire dépassant les 60 %, bien que quelques courses serrées se dessinent à Edmonton et à Calgary.

Le chef conservateur Andrew Scheer espère devenir le deuxième premier ministre conservateur issu de la Saskatchewan, et les intentions de vote dans la province semblent, à ce titre, tirer largement vers le bleu. L’économie et la taxe sur le carbone sont des sujets chauds dans la région. Tel que mentionné plus haut, le libéral de longue date Ralph Goodale semble en voie de conserver son comté Regina—Wascana, malgré le fait que certains observateurs lui prédisaient une défaite plus tôt cette année. La course a été serrée tout au long de la campagne, mais le vétéran libéral semble maintenant détenir une mince avance sur son opposant conservateur Michael Kram. En 2015, Goodale avait remporté le siège avec 55 % des voix contre ce même Kram, qui avait pour sa part récolté 30 % des votes.

Plus au nord, à Desnethé–Missinippi–Churchill River, la députée sortante néo-démocrate Georgina Jolibois est impliquée dans une chaude lutte avec le candidat conservateur Gary Vidal. Ce dernier est premier dans les sondages depuis le déclenchement des élections, mais son avance a fondu ces derniers temps. On s’attendait à ce que la candidate libérale Tammy Cook-Searson offre une opposition de taille à Jolibois. Forte de ses 22 années d’expérience en tant que chef et conseillère de la bande de Lac La Ronge, Cook-Searson représentait une bonne prise pour les libéraux, mais cela ne s’est pas transposé dans les sondages. Cette circonscription est l’une des plus grandes au Canada, couvrant presque toute la moitié nord de la Saskatchewan. Rien ne peut être tenu pour acquis dans ce comté, que le NPD, le PCC et le PLC ont chacun représenté depuis 2004. Jolibois a devancé son opposant libéral par seulement 82 votes en 2015, tandis que le candidat conservateur Rob Clarke avait battu le NPD par 794 voix lors de l’élection précédente.

Les Manitobains ont réélu le gouvernement conservateur de Brian Pallister le 10 septembre dernier, tout juste avant le déclenchement de la campagne fédérale le lendemain. Le Los Angeles Times nous aura peut-être fourni l’un des moments les plus distrayants de cette campagne en suggérant que les résultats dans le comté de Winnipeg-Sud seraient un indicateur du sort réservé au PLC à l’échelle du pays. Au moment de la dissolution, le PLC détenait sept sièges, le PCC cinq, et le NPD deux. Les plus récents sondages montrent que les conservateurs pourraient remporter jusqu’à neuf sièges, contre quatre pour les libéraux, et un seul pour les néo-démocrates. Ce n’est donc pas un enjeu significatif pour les chefs.

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Rédigé par Braedon Clark

Analyse régionale de mi-campagne : les provinces de l’Atlantique
10 octobre 2019