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Député : un travail souvent ingrat

Une chose est sûre maintenant que cette 43e campagne électorale fédérale plutôt étrange est derrière nous : les personnes qui prendront place comme députés nouvellement élus à la Chambre des communes du Canada se retrouveront dans un environnement qui, à cause de la nature du travail, peut s’avérer intimidant.

Les parlementaires sont souvent des cibles faciles pour leurs actions et leur inaction, particulièrement avec de la montée du cynisme et de l’apathie politique. Les politiciens ont bien sûr une partie du blâme à porter :

  • L’absence de résultats tangibles dans les tentatives de régler les enjeux sociétaux de longue date a contribué à augmenter le mécontentement;
  • Comme l’a démontré le débat autour du pipeline, les particularités régionales ont créé des tensions au sein de la Confédération, contribuant à la polarisation du discours public;
  • Enfin, le sentiment de ne pas pouvoir influencer les affaires politiques quotidiennes a mené un grand nombre de Canadiens à se demander si le système ne fonctionne pas contre eux.

À travers tout cela, il est facile d’oublier à quel point la démocratie canadienne est évoluée. À quel point nos institutions, enracinées dans la loi, sont solides. Et finalement, à quel point les députés jouent un rôle central en tant que représentants de leur comté.

La vie de député n’est pas aussi trépidante que plusieurs le croient. C’est même un travail plutôt ingrat, car les efforts et les victoires ne sont pas toujours récompensés par une réélection. La moindre erreur est analysée scrupuleusement, parfois même ridiculisée, et peut en venir à définir l’héritage d’un politicien, qu’elle soit justifiée ou pas. Les critiques peuvent être sans pitié sur les médias sociaux.

Dès leur élection, les députés deviennent de facto les gestionnaires d’une équipe d’attachés et de bénévoles, sur qui dépend le bon fonctionnement des affaires quotidiennes. Mais la vie politique étant ce qu’elle est, le taux de roulement des employés sera élevé, et ils devront constamment combler des vides.

Puis, il y a les déplacements constants, que ce soit entre le Parlement et la maison, ou encore à l’intérieur de leur comté – particulièrement dans le cas des représentants de comtés ruraux et nordiques. Ils manqueront des parties de hockey, des entraînements de soccer, des concerts de piano, des anniversaires. Toute cette pression peut mener à des frictions avec leurs proches. Les longues journées, les repas sur le pouce et les horaires variables font en sorte qu’il est difficile de maintenir un mode de vie sain.

Alors, pourquoi vouloir se faire élire? Les candidats se présentent pour toutes sortes de raisons, mais tous partagent une préoccupation pour le bien-être de leur communauté. Ils ont le courage de se tenir debout pour leurs convictions, à une époque où plusieurs personnes hésitent à exprimer publiquement leur opinion. L’arène politique demeure la meilleure plateforme pour confronter des idées, changer les choses et mettre en lumière les enjeux qui façonnent l’avenir du pays. Le rôle comporte une grande responsabilité, mais représente aussi une grande opportunité.

Les 338 personnes qui ont été élues lundi dernier méritent le respect. En cette époque où plusieurs se complaisent dans l’amertume, il est bon de prendre du recul pour apprécier le travail de ces gens qui ont obtenu le privilège ultime de nous représenter. Notre démocratie, bien qu’imparfaite, est entre bonnes mains.