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Quand la fin fait écho aux débuts : reprise des travaux sur la Colline du Parlement

La Chambre des communes et le Sénat reprennent leurs travaux cette semaine, soit environ un an avant les élections fédérales, qui auront lieu le 21 octobre 2019. Il ne fait aucun doute que cette session parlementaire sera mouvementée à mesure que les partis d’opposition se positionnent comme le remplaçant du Parti libéral en vue des prochaines élections.

De leur côté, le premier ministre Trudeau et les membres du Conseil des ministres consacreront leurs efforts à honorer les promesses politiques majeures de leur campagne de 2015 tout en préparant le terrain de ce qui deviendra assurément les premières lignes de la plateforme de réélection des libéraux.

Malgré la situation politique dans la capitale nationale, le gouvernement libéral a un certain nombre de dossiers importants qui nécessiteront des manœuvres politiques stratégiques au cours des prochains mois, notamment les négociations de l’Accord de libre-échange nord-américain et les relations plutôt tendues avec le président américain, Donald Trump; la situation délicate entourant le projet de l’oléoduc Trans Mountain; et un certain nombre de premiers ministres canadiens relativement hostiles qui sont préparés à ralentir ou à bloquer certaines des mesures du gouvernement, telles que la tarification du carbone.

Le remaniement du Conseil des ministres du 18 juillet avait pour objectif de s’attaquer à certains de ces enjeux complexes en apportant de nouvelles voix autour de la table décisionnelle du gouvernement fédéral. Toutefois, le remaniement ne constitue qu’une partie de l’équation. M. Trudeau et son équipe devront manœuvrer prudemment pour faire front aux nombreux enjeux auxquels le gouvernement sera confronté avant de demander à l’électorat de lui confier un deuxième mandat.

**La session d’automne : éléments à surveiller ** Voici les actions du gouvernement qu’il faut surveiller en ce début de session d’automne :

  • Adoption d’importantes mesures législatives, entre autres le projet de loi C-68 (Loi sur les pêches), le projet de loi C-76 (Loi modifiant la Loi électorale) et le projet de loi C-69 (Loi édictant la Loi sur l’évaluation d’impact et la Loi sur la Régie canadienne de l’énergie, modifiant la Loi sur la protection de la navigation);
  • Publication d’une étude sur la gestion des condamnations au criminel pour des crimes non violents relatifs à la possession et à la consommation de cannabis;
  • Publication de la mise à jour économique de l’automne du ministre des Finances, dont le gouvernement se servira pour établir les orientations stratégiques pour le budget du printemps 2019 et possiblement pour tâter le terrain en vue de la prochaine plateforme électorale libérale;
  • Respect rigoureux de la stratégie de communication de la part du personnel ministériel, des députés, des secrétaires parlementaires et des ministres accompagné d’efforts renouvelés sur la gestion des enjeux;
  • Changements probables au sein des membres clés du personnel à mesure que les organisateurs seront envoyés dans diverses circonscriptions aux quatre coins du pays ou au centre de stratégie du Parti libéral. Le gouvernement voudra garder la plupart des membres clés de son personnel en place pour veiller à la progression des dossiers importants.

L’opposition officielle

Les conservateurs ont très bien réussi à forcer le gouvernement à rendre des comptes sur un certain nombre de questions. Par contre, leurs efforts ne semblent pas avoir nui aux libéraux à long terme, comme l’indique le suivi hebdomadaire du scrutin national, qui donne 40 % des intentions de vote de l’électorat canadien au Parti libéral.

L’équipe d’Andrew Scheer devra trouver des moyens de montrer à la population canadienne qu’elle est apte à former un gouvernement viable. Elle devra mettre en valeur un ensemble d’idées qui constituera la base d’une plateforme réaliste et intéressante. Pour se positionner comme le remplaçant du parti au pouvoir, le Parti conservateur pourrait devoir envisager les actions suivantes :

  • Tirer avantage des occasions de remettre en question certains des enjeux prioritaires du gouvernement;
  • Démontrer qu’il a des idées intéressantes à la population canadienne avant les prochaines élections fédérales;
  • Convaincre les Canadiennes et Canadiens que ses propositions sont intéressantes et nécessaires;
  • Veiller à ce que le nouveau mouvement politique de M. Bernier ne suscite pas un intérêt considérable.

Les néo-démocrates

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) fait face à des temps difficiles, étant donné le mécontentement au sein du caucus relativement au chef Jagmeet Singh, le départ de plusieurs poids lourds du caucus, le recul des collectes de fonds et les faibles intentions de vote.

Le NPD peut tirer le maximum de la prochaine session parlementaire avec les actions suivantes :

  • Stopper l’hémorragie et composer avec le leadership de M. Singh;
  • S’assurer que M. Singh gagne la prochaine élection partielle dans Burnaby-Sud;
  • Multiplier les efforts de collecte de fonds et utiliser les enjeux importants qui ressortiront de la nouvelle session parlementaire pour stimuler les dons;
  • Se concentrer sur les enjeux qui interpellent leur base électorale et le vote progressiste : inégalités de revenu, protection de l’environnement.

En se retrouvant dans une position qui n’est pas sans rappeler celle qui a suivi son entrée au pouvoir, le gouvernement voit la fin de son mandat faire écho à ses débuts. Seul le temps saura nous dire s’il peut éviter les pièges qui pourraient donner aux partis d’opposition des munitions en vue de les chasser du pouvoir en 2019.

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Rédigé par Julie-Anne Vien | François Crête | Alexandre Boucher

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