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Première Nation, Autochtone ou Indigène? Il n’y a pas de réponse parfaite

Crédit photo : Lindsay Visitor / Facebook

Rédigé par

Marie-Céline Charron

Crédit photo : Lindsay Visitor / Facebook

En tant qu’experte en affaires autochtones, on me pose souvent des questions sur les termes appropriés ou « politiquement corrects » pour décrire les peuples autochtones et les Premières Nations.

Il n’y a pas de réponse parfaite à cette question. Comme on retrouve plus de 50 nations autochtones différentes au Canada, réparties dans plus de 600 communautés, il peut être difficile de trouver une dénomination qui les englobe toutes. Tout en gardant à l’esprit qu’il existe de nombreuses exceptions, voici tout de même quelques principes généraux pour vous aider à mieux comprendre certaines nuances et à établir de meilleures relations avec ces communautés.

Tout d’abord, il est généralement préférable d’éviter d’utiliser les termes « Indien » et « Amérindien ». C’était ainsi que Christophe Colomb appelait les peuples autochtones lorsqu’il est arrivé en Amérique en 1492, croyant à tort qu’il avait touché terre en Inde. Bien que les communautés aient encore aujourd’hui le nom officiel de « bande indienne », et que certains Autochtones utilisent parfois le mot « Indien » entre eux, le terme a généralement une connotation colonialiste pour de nombreux Autochtones au Canada.

L’utilisation erronée de ce terme est encore courante. Jusqu’à récemment, le mot « amérindien » était utilisé dans les livres d’histoire du Québec, et a dû être corrigé à un coût considérable pour la province. Cet épisode aurait pourtant pu être évité facilement en tenant compte de la nature sensible des termes liés à l’identité ethnique et culturelle.

L’exploration de la terminologie employée par le gouvernement fédéral nous éclaire sur la recherche d’un terme « englobant ». La définition suivante est affichée sur le site Web des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada :

Le terme « Autochtones » désigne les premiers peuples d’Amérique du Nord et leurs descendants. La Constitution canadienne reconnaît trois groupes de peuples autochtones : les Indiens (plus souvent appelés les « Premières Nations »), les Inuits et les Métis. Ces trois groupes distincts ont leur propre histoire ainsi que leurs propres langues, pratiques culturelles et croyances.

(Remarque : au Québec, il n’y a pas de groupes métis reconnus. Les seuls groupes reconnus sont les Inuits et les Premières Nations.)

Bien que le gouvernement du Canada utilise encore le terme « Indien » sur ses sites Web et dans certains documents officiels (comme dans les expressions « réserves indiennes » pour qualifier les terres autochtones, ou « certificat de statut d’Indien » pour désigner la preuve de leur statut), nous pouvons voir qu’il s’inscrit dans la mouvance générale visant à remplacer le terme « Indien » par « Première Nation ».

Sans élaborer sur le débat autour de la création de deux ministères distincts pour les Affaires autochtones et du Nord, le terme « autochtone » demeure présent dans le nom des deux ministères actuellement en place : Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada et Services aux Autochtones Canada.

Il est à noter que l’on n’utilise pas le terme « Indigène » en français, contrairement à l’anglais. Le terme « autochtone » est le plus utilisé, étant reconnu internationalement, par exemple avec la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Bien que la terminologie utilisée par le gouvernement puisse servir de guide pour comprendre les différences entre les Métis, les Inuits et les Premières Nations (qui sont tous inclus dans la définition du terme « autochtone »), la meilleure référence provient souvent des peuples autochtones eux-mêmes.

Bien que j’aie cherché dans ce texte à offrir un éclairage sur les termes les plus appropriés, il est important de rappeler que les Nations, communautés, organisations et personnes autochtones sont toutes distinctes, et qu’il faut demeurer sensible aux noms respectifs, à l’orthographe et à l’identité de chacune.

En conclusion, travailler avec des experts en affaires autochtones peut aider à éviter tout malentendu lié à la terminologie et à garantir une approche souple, adaptée et sensible, favorisant des relations de confiance mutuellement bénéfiques.

Note: Marie-Céline Charron est membre de la Nation Naskapie de Kawawachikamach.

——— Rédigé par Marie-Céline Charron, anciennement chargée de projets, Cabinet de relations publiques NATIONAL