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Miser sur l’expérience : un aperçu du remaniement ministériel à Ottawa

Crédit photo : LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick

Crédit photo : LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick

Quelques jours à peine après le début de l'année 2021, qui pourrait être le théâtre d’une élection fédérale si l’on croit les rumeurs qui circulent, le premier ministre Justin Trudeau a officialisé ce matin un remaniement ministériel qui marque le départ d’un de ses plus chers amis.

Navdeep Bains, un membre crucial de la garde rapprochée de Trudeau (qui a agi à titre de coprésident national de l’organisation pour la campagne à la chefferie de Justin Trudeau) a annoncé sa décision de ne pas présenter sa candidature aux prochaines élections, mettant ainsi un terme à son parcours de cinq ans en tant que ministre de l'Innovation, un des trois ministères les plus importants. Membre compétent et respecté de l'équipe Trudeau, M. Bains a moussé l'innovation au Canada, notamment en pilotant le développement des premières supergrappes au pays ainsi que la première stratégie en matière de propriété intellectuelle, et par son impact sur le dossier des télécommunications. On retiendra sans doute sa maîtrise de ses dossiers, son approche pratique des relations avec les parties prenantes et son attitude décontractée.

Pour le remplacer, Trudeau compte à nouveau sur son pilier de premier plan François-Philippe Champagne pour assumer le poste vacant. Cette nomination démontre une fois de plus l’influence de Champagne au sein du Cabinet et sa réputation de membre fiable qui fait avancer les dossiers. Jusqu’à tout récemment, il dirigeait la délégation diplomatique du Canada en tant que ministre des Affaires étrangères.

  • Par le fait même, le député de la Mauricie (Québec) hérite de son quatrième portefeuille à vocation économique, lui qui a été secrétaire parlementaire de l’ancien ministre des Finances Bill Morneau (2015-2017), ministre du Commerce international (2017-2018), et ministre de l'Infrastructure et des Collectivités (2018-2019), alors qu'il était aussi responsable de la Banque de l'infrastructure du Canada.
  • Son expérience internationale au sein du secteur financier privé et ses origines rurales font de lui un candidat idéal pour mener un programme ambitieux qui comble le fossé entre les zones rurales et urbaines.
  • Il est très apprécié au Québec et possède l'un des plus grands réseaux au sein du secteur privé au Canada.

Ce poste vacant au sein d’Affaires mondiales Canada sera occupé par un autre membre de confiance du Cabinet, Marc Garneau, qui était jusqu'alors ministre des Transports. Reconnu pour sa capacité à travailler au-delà des considérations partisanes, l’ancien astronaute mettra à profit ces compétences pour diriger la diplomatie canadienne, à un moment où l'un de ses plus proches alliés, les États-Unis, souhaite renouveler une approche plus multilatérale des questions internationales.

Le ministre Garneau, qui a résidé aux États-Unis pendant plusieurs années, a déjà présidé le comité du Cabinet chargé des relations canado-américaines. Sa priorité sera certainement de rééquilibrer les relations canado-américaines entre le gouvernement Trudeau et la future administration Biden.

Omar Alghabra, un fidèle de longue date du premier ministre, a été promu au Cabinet et devient le nouveau ministre des Transports. Député depuis trois mandats, il a constamment grimpé les échelons de l’administration Trudeau depuis 2015, ayant servi à titre de secrétaire parlementaire au ministère des Affaires étrangères (Affaires consulaires) et de secrétaire parlementaire du premier ministre (renouvellement de la fonction publique).

Dernier changement à noter : Jim Carr de Winnipeg reviendra à titre de représentant spécial pour les Prairies. M. Carr a fait face à d’importants problèmes de santé au cours des dernières années. Il est très respecté au sein de son caucus et de l’aile parlementaire en raison de sa compétence et de son leadership constant.

Avec ce remaniement partiel, Justin Trudeau tente probablement d'assurer la stabilité dans la gestion du pays, à un moment où les Canadiens sont encore aux prises avec une pandémie mondiale. Avec le pays tout entier qui désire ardemment un retour à la normale, et les provinces qui exercent des pressions pour un déploiement plus rapide des vaccins, la stabilité au sommet envoie un message rassurant.

Des rumeurs circulent depuis un certain temps déjà quant à la possibilité d'une élection fédérale en 2021. Quel que soit le moment, le premier exercice électoral post-pandémie sera un événement majeur, qui pourrait mettre en scène un affrontement entre différentes visions de l'avenir du pays.

Les experts en Affaires publiques et relations gouvernementales de NATIONAL continueront de suivre étroitement l’évolution des dossiers de la Colline du Parlement et d’analyser comment ces dynamiques façonnent cette année politique qui s’annonce très chargée.