Allez au contenuAllez à la navigation

Énoncé économique de l’automne 2020 : maintenir le cap sur la COVID-19

Énoncé économique de l’automne 2020 : maintenir le cap sur la COVID-19

Crédit photo : LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld

Crédit photo : LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld

La vice-première ministre et ministre des Finances Chrystia Freeland a dévoilé la mise à jour économique du gouvernement Trudeau cet après-midi à Ottawa. La mise à jour était sa première initiative majeure en tant que ministre des Finances, et s’inscrit dans la continuité du discours du Trône prononcé le 23 septembre dernier.

Cette mise à jour visait en grande partie à atteindre quatre objectifs politiques des libéraux :

  • Faire valoir aux Canadiens que les dépenses liées à la COVID-19 et la riposte – de même que ses nombreux effets – demeurent la priorité du gouvernement pour le pays;
  • Aborder certaines nouvelles priorités ciblant des secteurs spécifiques, conformément aux engagements énoncés dans le discours du Trône;
  • Mettre la table pour le budget 2021, qui adoptera probablement de façon plus prononcée le thème de la reprise post-COVID-19, et précisera où seront allouées les nouvelles dépenses;
  • Renforcer l’idée que, même si la pandémie mondiale demeure à la priorité, les libéraux ont toujours l’intention de gouverner et cherchent à faire progresser les éléments clés de leur plateforme.

Ces mises à jour sont toujours plus complexes – et politiquement nuancées – qu’un simple aperçu des livres financiers du Canada. L’annonce d’aujourd’hui ne faisait pas exception, d’autant plus que les libéraux gouvernent encore dans un contexte précaire de parlement minoritaire, qui exige le soutien politique des opposants de droite ou de gauche pour rester au pouvoir.

L’approche adoptée aujourd’hui – avec la mise à jour économique comme véhicule – met en lumière cette réalité politique, puisqu’elle propose un soutien financier à des domaines auxquels il serait difficile de s’opposer politiquement. En substance :

  • Le gouvernement a alloué un financement important à des secteurs en difficulté qui n’avaient jusqu’à présent pas bénéficié de mesures de secours fédérales.
  • De plus, il a mis en place de nouvelles mesures visant à protéger les segments les plus vulnérables de la société canadienne face à la vague actuelle de la pandémie.
  • Enfin, il a défini des politiques visant à esquisser la société post-COVID-19, avec une croissance économique alimentée par des technologies innovantes et vertes, pour une société soucieuse d’offrir des opportunités à tous.

Et après avoir survécu à un vote de confiance à la Chambre des communes à la suite au discours du Trône, les libéraux font le pari qu’ils s’en sortiront indemnes une nouvelle fois, ouvrant la voie à la prochaine bataille, celle du budget 2021. La pandémie ne semble pas avoir ralenti leur détermination.

Les détails

Les points saillants de la mise à jour sont les suivants :

  • Le déficit du Canada devrait atteindre un nouveau sommet d’au moins 381,6 milliards de dollars au cours de l’exercice financier, une augmentation importante par rapport aux 343,2 milliards prévus en juillet dernier. Il s’agit cependant du scénario le plus optimiste : le déficit pourrait atteindre 390 milliards, selon la rapidité avec laquelle le Canada vaincra la COVID-19.
  • Ottawa a dévoilé 100 milliards en nouvelles dépenses. Ces dernières cibleront l’économie du futur : verte, innovante, inclusive et compétitive. Elles seront déployées dès que la COVID-19 sera derrière nous. Le budget 2021 devrait là encore fournir plus d’information.
  • La Subvention salariale d'urgence du Canada reviendra à son plafond précédent de 75 % à compter du mois prochain.
  • 52 milliards seront alloués à l’appui de mesures conjointes fédérales, provinciales et territoriales. Ce financement ira, en partie, à un programme d’assurance-emploi modernisé, à de nouveaux programmes de congés de maladie et de congés pour proches aidants pour les Canadiens devant s’absenter du travail en raison de la COVID-19, et un système national de garderies; Ottawa fournira jusqu’à 1200 $ pour chaque enfant de moins de 6 ans. Les établissements de soins de longue durée à travers le pays bénéficieront également d’un investissement de 1 milliard pour affronter la pandémie.
  • Le gouvernement planchera sur la création d’un nouveau Programme de crédit pour les secteurs très touchés, destiné à certains de nos secteurs les plus durement affectés. Ce nouveau volet permettra d’accéder à des prêts garantis à 100 % par le gouvernement : jusqu’à 1 million de dollars, pour une durée maximale de dix ans.
  • À compter de 2022, Ottawa obligera les géants du Web à percevoir et à verser la TPS.

Réaction de l’opposition

  • « Les Canadiens veulent retrouver leur vie. Il faut que ce pays recommence à fonctionner. Il n’y a pas de plan pour l’économie sans un plan pour des tests rapides et des vaccins – et les libéraux n’ont pas présenté un tel plan aujourd’hui. » —Erin O’Toole, chef du Parti conservateur
  • « Une chose est claire dans la mise à jour économique d'aujourd'hui : ce sont les grandes entreprises et les ultra-riches qui font des profits grâce à la pandémie qui devraient payer pour la reprise, et non votre famille. » —Jagmeet Singh, chef du NPD

Prochaines étapes

L’équipe d’affaires publiques pancanadiennes de NATIONAL évalue la mise à jour économique à travers le prisme de plusieurs industries, et surveille les prochaines étapes potentielles concernant le budget 2021 du gouvernement fédéral, prévu pour le premier trimestre de la nouvelle année. Nous prévoyons un vote de confiance à la Chambre d’ici les deux prochaines semaines, au cours desquelles le sort du gouvernement sera en jeu pour la dernière fois avant la suspension de la Chambre pour les congés de fin d’année.

Entre temps, n’hésitez pas à nous faire part de vos enjeux et à contacter notre équipe pour discuter de vos besoins en matière d’affaires publiques et de relations gouvernementales. Nous voulons vous entendre.

Suivant

Rédigé par Karen White | Andrea Mandel-Campbell | Larry Markowitz

Êtes-vous prêt à faire face à une cyberattaque?