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Analyse : affaiblis, mais victorieux, les libéraux se maintiennent au pouvoir

Crédit photo : LiberalCA/facebook

Crédit photo : LiberalCA/facebook

Les Canadiens se sont exprimés : le Parti libéral du Canada s’est maintenu au pouvoir hier soir, réussissant à obtenir un mandat minoritaire après une campagne des plus acrimonieuse. Les sondages sont restés extrêmement serrés tout au long de cette campagne 2019. Et le vote populaire l’a reflété fidèlement, avec les conservateurs remportant le vote populaire – 34,4% contre 33,1% pour les libéraux –, mais finissant pourtant deuxièmes par 36 sièges.

NATIONAL continuera d’évaluer les résultats par rapport aux engagements de campagne, leur impact sur les secteurs clés et les pronostics à court et moyen termes pour les priorités économiques régionales. Dans l’immédiat, voici notre analyse à chaud :

  • Pour Justin Trudeau et le Parti libéral, une victoire est une victoire. Après une période de neuf mois très difficile et une campagne jalonnée de diverses controverses, les libéraux ont obtenu une victoire plus forte que plusieurs l’anticipaient, obtenant 157 sièges. Toute discussion autour d’une hypothétique coalition apparaît vaine, et le parti aura politiquement plus de liberté que prévu. Mais ce n’est pas sans coût: des pertes dans les provinces de l’Atlantique, au Québec et en Colombie-Britannique ont privé le parti de l’obtention d’une nouvelle majorité. Bien que le premier ministre Trudeau soit quelque peu diminué politiquement, il sera probablement en mesure d'exécuter la majorité de son programme électoral. Essentiellement, le parti devra faire preuve de sélectivité et de prudence dans sa manière de négocier avec ses opposants politiques, au cas par cas selon les enjeux. Les initiatives majeures nécessiteront l’appui de partenaires politiques.

  • Le Parti conservateur du Canada (121 sièges) n'a pas répondu aux attentes, en toute objectivité. La percée attendue dans l’Ontario, riche en sièges, n’a tout simplement pas eu lieu. Et même si le parti peut trouver un réconfort minime dans sa première place au niveau du vote populaire, il n’a pas été en mesure de générer l’élan nécessaire dans les dernières semaines de la campagne. Le Parti conservateur rentre à Ottawa avec un nombre de sièges considérable, mais plusieurs obstacles sur son chemin.

  • La performance du Bloc québécois est sans doute l'histoire principale de l’élection 2019. La réémergence de la formation politique et ses 32 sièges gagnés au Québec ont remis le parti et son chef, Yves-François Blanchet, sur l’avant-scène nationale. Ils ont réussi à tenir les libéraux à distance, à reprendre des sièges au NPD et à éliminer tout espoir de victoire des conservateurs. À son retour au parlement, le parti sera un joueur majeur dans plusieurs dossiers politiques – et dans l'exécution de l’agenda des libéraux pour le Québec.

  • Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a surpassé les attentes selon la plupart des analystes lors de ces élections. Pourtant, cet élan ne s’est pas transposé aux urnes, avec un nombre de sièges réduit à 24 et une quatrième place bien éloignée des sommets. Les pertes au Québec vont faire particulièrement mal, les derniers survivants de la « vague orange » du NPD en 2011 ayant pratiquement tous disparu. Un parlement minoritaire offre des opportunités de partenariats – ou d'opposition directe – avec le Parti libéral sur des questions majeures. Mais le chemin pour retrouver une pertinence sur le plan national apparaît sinueux.

  • Le Parti vert et ses fidèles ne peuvent tout simplement pas être satisfaits du nombre final de sièges (3) remporté lors de ces élections. Malgré une nouvelle percée politique au Nouveau-Brunswick, les Canadiens qui placent le changement climatique au premier rang de leurs priorités semblent avoir choisi une autre option politique pour porter cette préoccupation à Ottawa. La campagne verte n'a jamais vraiment décollé, et il faudra voir si Elizabeth May restera pour mener une autre campagne. Nous surveillerons cela de près.

  • Quant à Maxime Bernier du Parti populaire du Canada, ses efforts pour nuire au Parti conservateur au Québec et ailleurs au pays ont finalement échoué. Bernier a même perdu son siège en Beauce. Avec sa défaite, le parti est confronté à un avenir des plus sombres – si avenir il y a.

NATIONAL fournira une analyse plus approfondie dans les prochains jours, avec des perspectives sur le retour du parlement, les nouveaux membres du cabinet et les changements inévitables au sein du personnel politique qui devraient survenir d’ici les prochaines semaines.

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