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Que la vraie partie commence

Avec cette première véritable session parlementaire qui débute aujourd’hui, nous assisterons à la réelle entrée en scène du gouvernement Legault.

Maintenant qu’il est bien installé aux commandes de l’État, que ses ministres ont épluché les dossiers et apprivoisé le fonctionnement de la machine gouvernementale et qu’il caracole dans les sondages d’opinion, c’est à l’aune de cette session parlementaire qu’on verra de quel bois se chauffe le gouvernement Legault. Il aura droit à un baptême de feu et on le jugera sur sa capacité à contrôler l’agenda, à maintenir la cohésion de son caucus et à gérer efficacement le trafic d’une actualité féconde.

Les ministres n’auront plus la chance du débutant et devront se soumettre au barrage quotidien de la tribune parlementaire et au feu nourri des questions au Salon bleu de l’Assemblée nationale. Heureusement pour elle, l’équipe ministérielle fera face à une opposition non seulement décimée, mais aussi désorganisée.

Les coffres de l’État ont beau être pleins, les ambitions caquistes ont commandé l’identification de mesures d’optimisation dans les ministères pour financer le programme électoral.

Le ministre des Finances nourrissait lui aussi de grandes ambitions pour la confection de son premier budget. Dans sa ronde de consultations prébudgétaires destinées à démontrer que le nouveau gouvernement est « à l’écoute de la population », il a convié un nombre impressionnant d’organisations venues lui suggérer de nouvelles priorités et lui quémander quelques millions ici et là. Dans les faits, l’obsession sera d’apposer l’empreinte caquiste avec les marges de manœuvre dont il dispose actuellement. Peu de secrets autour des priorités : allègements fiscaux pour la classe moyenne, investissements pour la création de nouvelles écoles, sommes pour financer une politique sur la proche aidance ou celles pour le dépistage chez la petite enfance. Les autres devront attendre patiemment avant de « passer GO et réclamer 200 $ » pour paraphraser un jeu célèbre.

À l’instar de ses premiers mois de gouvernance, et histoire ne pas indisposer personne, le gouvernement Legault cherchera à gouverner à l’extrême centre. On l’a vu dans bien des dossiers, la nouvelle équipe ménage la chèvre et le chou, une approche qui détonne avec les positionnements tranchés qu’adoptait la Coalition avenir Québec à l’époque où ce parti gisait dans l’opposition. Cette stratégie est sans doute payante, puisque les récents sondages confirment que François Legault et ses troupes sont en communion avec l’électorat.

Il ne faut pas s’attendre à un menu législatif très costaud; la session hiver/printemps étant grandement occupée par l’étude des crédits budgétaires suivant le dépôt du budget. Certes, il y aura ce énième projet de loi sur la laïcité de l’État qui sera présenté. Le gouvernement veut rapidement fermer à double tour ce dossier polarisant qui, disons-le, connait une existence davantage médiatique qu’étatique. Le ministre de l’Éducation a déjà annoncé le dépôt de celui pour faciliter l’implantation des maternelles 4 ans. Celui sur la réforme du mode de scrutin, bien que promis dans la première année du mandat, et celui sur la conversion des commissions scolaires en centres administratifs apparaissent beaucoup moins probables à court terme en raison de leur complexité.

Pour suivre l’activité de ce gouvernement et apprendre à mieux le lire, communiquez avec votre conseiller en affaires publiques.