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Luttes régionales : Colombie-Britannique

Lors de l’élection fédérale de 2015, Justin Trudeau se plaisait à répéter que la Colombie-Britannique était sa « deuxième maison », étant donné l’histoire de sa famille et son expérience de travail antérieure dans la province. Il devra plus que jamais tirer le maximum de cet attachement et de cette sympathie pour assurer son succès lors de la campagne fédérale de 2019.

Le paysage politique a beaucoup changé depuis quatre ans pour les libéraux. Alors qu’il cherche à conserver ses sièges dans la province, le premier ministre fait face à son lot de problèmes :

  • l’impact du projet d'agrandissement du gazoduc Trans Mountain (TMX) et la controverse qui y est associée;
  • deux chefs de partis opposés (Jagmeet Singh et Elizabeth May) ayant des sièges dans la province;
  • un gouvernement provincial maintenant dirigé par le NPD;
  • des enjeux associés au coût de la vie, tels que le prix des logements et de l’essence;
  • les nombreuses préoccupations liées aux changements climatiques.

Dans l’ensemble, il s’agit de défis importants pour un gouvernement qui a su tirer son épingle du jeu dans le Lower Mainland lors de la dernière élection, ainsi que dans l’ancien bastion conservateur de Kelowna.

À l’approche du mois d’octobre, plusieurs facteurs influenceront la campagne fédérale. En voici quelques exemples :

Comment le vote « progressiste » se répartira-t-il?

La bataille pour le vote de centre-gauche influencera le résultat dans plusieurs circonscriptions. Dans ce contexte, la montée en flèche du Parti vert cause sans doute bien des maux de tête chez les libéraux. Le Parti vert n'a pas été un facteur majeur en 2015, mais il a récemment pris de l'ampleur, particulièrement sur l'île de Vancouver, où il a remporté une élection partielle en 2019. Dans les régions périphériques de Vancouver, cela pourrait donner lieu à un fractionnement du vote dans certaines circonscriptions. La victoire de Jagmeet Singh à l'élection partielle en Colombie-Britannique – qui fait maintenant office de « tête de pont » pour le NDP – pourrait aussi perturber les libéraux dans leurs batailles pour les électeurs dits « progressistes ».

Ce problème devient encore plus important lorsqu'on regarde la carte électorale de la Colombie-Britannique. Bien que la province soit vaste, seul le Lower Mainland est assez dense pour justifier un nombre important de circonscriptions. Si les appuis demeurent fragmentés dans le Lower Mainland, la grande majorité des sièges en Colombie-Britannique pourrait être à gagner.

Dans les courses serrées, l'avantage va inévitablement à ceux qui ont la meilleure organisation. La bataille sur le terrain sera cruciale pour les partis. De meilleurs bénévoles et des directeurs de campagne disposant de vastes ressources peuvent faire sortir le vote plus rapidement et plus efficacement que les candidats ayant de modestes moyens. Pour les libéraux et les conservateurs, c'est un avantage stratégique. Les néo-démocrates pourront également tirer parti du talent organisationnel et de l'infrastructure de la Colombie-Britannique, et peut-être profiter de la présence du premier ministre John Horgan.

Les partis politiques qui sauront le mieux utiliser les médias numériques et sociaux pour faire passer leurs messages auprès des électeurs auront aussi un avantage certain.

Qui obtiendra le vote des Premières Nations?

Plusieurs Premières Nations auront une incidence sur les résultats de l’élection en Colombie-Britannique. Bien que le Justin Trudeau ait fait des efforts pour établir des ponts avec les Premières nations et fait de la réconciliation une priorité absolue, l'appui aux libéraux parmi les Premières Nations semble encore mitigé. Des questions comme l'appui du premier ministre à TMX n'ont pas aidé sa cause. Le fait que la construction du gazoduc débutera probablement très près de l'élection risque fort d’attirer une couverture médiatique négative.

En 2015, le Parti libéral a fait des gains parmi les électeurs des Premières Nations, mais le NPD a quand même obtenu la majorité de leurs votes, selon une analyse de CBC News effectuée en 2016. Reste à voir si le Parti libéral et Justin Trudeau seront en mesure de répéter leur performance de 2015 auprès des électeurs des Premières Nations.

Andrew Scheer saisira-t-il l'occasion?

Andrew Scheer et le Parti conservateur ont une occasion en or de faire des gains en Colombie-Britannique. Même si cela peut sembler contre-intuitif, la position de Scheer en faveur d'une exploitation accrue des ressources naturelles l'aidera probablement à conserver l'appui d'un grand nombre de partisans de la libre-entreprise qui accueilleraient favorablement des investissements pour le développement économique en Colombie-Britannique.

Son objectif doit être de maintenir leur appui s'il veut conserver ses sièges actuels à en Colombie-Britannique, ainsi que d'obtenir plus de sièges comme ceux de Steveston—Richmond East ou de Pitt Meadows—Maple Ridge.

Scheer espère également que le Parti vert et le NPD pourront provoquer une division assez importante au sein des électeurs afin de gagner certaines des circonscriptions les plus vulnérables du Lower Mainland. Pour les conservateurs, la Colombie-Britannique représente l'une de leurs meilleures chances d'augmenter leur nombre total de sièges. Le plan environnemental de Scheer en est la preuve : bien que ce plan ne ralliera pas les environnementalistes modérés, les quelques votes qu’illui permettra de gagner pourraient faire la différence dans les courses serrées en Colombie-Britannique.

La lutte qui se profile à l'horizon en Colombie-Britannique sera sans aucun doute l'un des champs de bataille les plus intéressants à l'automne.

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Rédigé par Ali Salam | Gordon Taylor Lee

Luttes régionales : Ontario
18 juillet 2019