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Les défis du retour au travail après le confinement lié à la COVID-19

Le fait que plusieurs entreprises technologiques, notamment Shopify, Twitter et Facebook, prévoient permettre le travail à distance pour un bon moment encore n’annonce pas pour autant « la mort du bureau physique », déclare Sean McCormick, vice-président Immobilier de la société de services professionnels KPMG, qui prévoit rouvrir ses bureaux en juillet après plus de deux mois de fermeture forcée en raison de la COVID-19.

M. McCormick, qui dirige une équipe responsable de 55 établissements totalisant environ 2 millions de pieds carrés, a été invité à participer au récent événement virtuel « Return to work » organisé par NATIONAL Marchés des capitaux. Il était accompagné des experts mondiaux en immobilier commercial Mark Fieder, président chez Avison Young Canada, et Neil Lacheur, premier vice-président, Services de gestion chez Avison Young Canada.

Regarder la diffusion en ligne (uniquement disponible en anglais)

« Les employés ont besoin de ces moments de détente, de ces interactions qui permettent l’échange d’information entre les groupes et qui font naître des occasions d'affaires. Il est très difficile de reproduire ces échanges de manière virtuelle », a déclaré M. McCormick, soulignant que le fait de garder tout le monde à la maison « n'est pas favorable à la santé à long terme de notre entreprise ».

Avison Young, dont le siège social est à Toronto, a également commencé à rouvrir ses bureaux de Vancouver et d’Edmonton, où 65 de ses 70 employés ont décidé qu'ils préféraient retourner au bureau, explique M. Fieder.

Pour appuyer son point, il cite un récent sondage américain du Gensler Research Institute , qui a révélé que seulement 12 % des travailleurs veulent travailler à domicile à temps plein et que 70 % veulent travailler au bureau la majorité de la semaine.

Prise de la température des employés et gestion d'ascenseurs

Même si de nombreux employés souhaitent revenir au bureau, la tâche sera loin d'être facile.

Outre les frais de nettoyage plus élevés, la gestion sécuritaire des entrées et des sorties des employés sera complexe. Selon M. Lacheur de Avison Young, le plus grand défi sera sans aucun doute la gestion des ascenseurs.

Il estime que les règles de distanciation physique pourraient occasionner un délai supplémentaire de 60 à 90 minutes dans certaines tours de bureaux simplement pour permettre aux travailleurs de monter dans une cabine d'ascenseur et d’atteindre leur étage. Malgré cela, l’entrée au bureau est le trajet le plus simple. C’est plutôt la sortie qui constitue un véritable défi.

« Les gens devront faire preuve d'autodiscipline », a-t-il mentionné, notant que la patience et la propension des individus à respecter les règles peuvent s’essouffler après le deuxième ou le troisième passage d’une cabine d'ascenseur qui accueille une limite de deux ou trois personnes à la fois.

« Cela pourrait créer des conflits », dit-il.

Les prises de températures corporelles constituent un autre défi. KPMG a choisi de ne pas prendre la température de ses employés, mais s'attend à ce qu'ils déclarent eux-mêmes leur état de santé. Dans la même veine, Avison Young ne recommande pas à ses locataires de prendre la température des visiteurs.

« Nous ne sommes pas des professionnels du domaine de la santé », rappelle M. Lacheur. « En tant que propriétaire, cela soulève de nombreux enjeux, tels que la confidentialité et le risque de résultats erronés... Il incombe à chaque occupant de contrôler les activités qui se déroulent au sein de son espace. »

Renégociation des baux

Alors que de nombreuses entreprises prévoient la réouverture de leurs bureaux, la généralisation du travail à distance amène beaucoup d'entre elles à se demander si elles peuvent réduire leurs dépenses liées à la location d’un espace de bureau physique, renégocier leur bail, ou y ajouter une clause relative à la COVID-19.

Selon M. Fieder, de Avison Young, les conditions du marché guident toute concession entre propriétaires et locataires.

« Dans le centre-ville de Toronto, nous avons un taux d’inoccupation inférieur à deux pour cent », dit-il. « Nous ne prévoyons pas de changements structurels de sitôt et je ne pense pas que les locataires puissent négocier ce genre de clauses dans ce contexte ».