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Élection fédérale 2019 : une campagne 2.0 est-elle à l’horizon?

Nous avons officiellement atteint le point médian de la campagne électorale. En politique, comme dans le sport, le momentum est une notion fondamentale. Avec trois semaines à faire avant l’élection, et avec les débats des chefs à l’horizon, à quoi faut-il s'attendre? Et que faudra-t-il surveiller? NATIONAL vous propose un aperçu des éléments à suivre dans cette deuxième moitié de campagne.

Les sondages

Tous les principaux sondages à travers le pays montrent essentiellement la même chose en date du 1er octobre : une course serrée, « dans la marge d’erreur », entre les conservateurs et les libéraux. Mais la course à l’intérieur de la course déterminera ultimement l'identité du parti qui sera élu dans trois semaines. Le soutien grandissant pour le Bloc québécois au Québec est un facteur clé dans cette province dont dépendent les libéraux pour remporter un deuxième mandat. Le soutien pour le NPD a chuté et semble stagnant. Et il est difficile d’évaluer à quel point le soutien pour les verts se traduira en sièges le 21 octobre. Une chose est toutefois sûre : l’orientation du vote de centre-gauche et l'absention des électeurs auront un impact déterminant sur la couleur du prochain gouvernement, mais aussi sur son statut majoritaire ou minoritaire.

Les débats

Un test important attend les partis ce soir avec un débat en français sur le réseau TVA. D’autres débats suivront dans les semaines à venir – autant d’occasions pour les partis d’influencer positivement (ou négativement) leur destinée. La dynamique des chefs de partis lorsqu'ils se retrouvent sous les projecteurs, en direct à la télévision, concrétise l’issue du vote. Cela ne signifie pas que la campagne se jouera lors d'un seul débat. Mais les débats laisseront des traces – une série de bonnes ou de mauvaises performances peuvent assurément influencer les sondages à l’approche du jour J. Et possiblement réveiller les électeurs en cours de route. Plusieurs précédents le confirment.

Les batailles régionales

NATIONAL a analysé en détail les courses à suivre au Québec et ailleurs au pays. Dès le début de l’été, nous avons anticipé que plusieurs champs de bataille régionaux seraient déterminants sur l’issue de l’élection : la Colombie-Britannique, l’Ontario, le Québec et les provinces de l’Atlantique. Les premières semaines de la campagne ont confirmé nos intuitions. L’identité du prochain gouvernement se jouera principalement dans le Lower Mainland de la Colombie-Britannique, la grande région de Toronto et le 905 en Ontario, en périphérie de Montréal et dans la Capitale nationale au Québec, et dans certaines régions de l'Atlantique, dont Halifax. Jusqu’à présent, les tendances révélées par les sondages régionaux n'ont rien de surprenant. Quoi qu’il en soit, ça ne veut pas dire qu’elles se maintiendront, particulièrement après les débats et le week-end de l’Action de grâces. Comme nous l’avons suggéré plus tôt, surveillez l’itinéraire des chefs : leurs destinations indiquent généralement où se trouvent les principaux appuis (et vulnérabilités) des partis.

Les promesses

Le NPD a révélé sa plateforme entière avant même le début de la campagne. Les libéraux ont présenté la leur dimanche dernier, et les conservateurs devraient les imiter sous peu. Mais la véritable question est la suivante : ces politiques – sur les garderies, la santé, l’énergie ou les impôts – ont-elles vraiment fait bouger les aiguilles? On peut imaginer que l'impact des politiques sur les intentions de vote est au mieux limité dans la majorité des campagnes, mais cette élection a été particulièrement avare de débats et d’affrontements sur le contenu des plateformes. C’est ironique, puisque ces promesses constitueront les bases du mandat du parti qui sera élu le 21 octobre, quel que soit son identité. Bien que l’intérêt du public pour les nuances entre les politiques soit jusqu’à présent limité – ou du moins difficile à déceler – l’attention de NATIONAL restera portée sur les détails des plateformes et leurs impacts potentiels sur les différents secteurs de l’économie.

La question de l’urne

La controverse du brown/blackface, qui a englouti la campagne libérale, a de toute évidence été le moment phare de la campagne jusqu’à maintenant. Malgré tout, il semble que les libéraux aient réussi à retrouver leur équilibre politique. Une question demeure : quel enjeu, quelle personne ou quel événement marquera l’élection et fera réellement bouger les électeurs? La participation (ou son absence) sera-t-elle, au final, la véritable clé de l’élection, le 21 octobre prochain?

NATIONAL poursuit son analyse de l’élection 2019 et propose des mises à jour quotidiennes à ses clients et partenaires. Nous voulons vous entendre. Entre temps, nous croyons que la deuxième moitié de la campagne pourrait rapidement prendre une tangente « 2.0 » à mesure que les intentions de vote se préciseront et que les chefs partis commenceront à s’affronter en direct.

Nous serons aux aguets.

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